"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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23 juin 2005

Réunion du groupe de travail du Manifeste jeudi 23 juin 2005

Présents : Brigitte Allal, Tewfik Allal, Saïd Bouaïssi, Fethi Benslama, Nadia Chaabane, Alice Cherki, Mariam Dembélé, Sihem Jguirim, Michèle Sinapi, et les nouvelles adhérentes Yaqoutha Belkacem et Claudie Lesselier. Excusés : Zhor Benchemsi, Sophie Bessis, Khadidja Bourcart, Yassaman Montazami, Nourrédine Saadi, Nadia Tazi.

Intervention de Tewfik Allal Ce soir, nous accueillons un certain nombre de gens - habitant Paris ou la région parisienne - qui sont membres de l’association et qui sont prêts à travailler avec nous. Étant entendu que l’assemblée générale des adhérents se tiendra fin septembre-début octobre prochain, et qu’il va falloir la préparer. Bilan 1) A chacune des trois réunions-débats que nous avons organisées - sans compter la séance sur l’actualité libanaise, réservée aux adhérents -, il y avait, en moyenne, un public de 90 personnes, renouvelé environ de moitié à chaque séance. 2) L’écho a été assez positif, notamment dans les milieux associatifs, et par les thèmes que nous traitons, nous occupons une place spécifique. 3) Il y a eu 107 demandes d’adhésions, dont 53 se sont traduites par le remplissage de formulaire d’adhésion et paiement de la cotisation. 4) Bilan financier : le cotisations et les ventes de diverses brochures ont permis d’équilibrer les dépenses (tirage de brochures, location de matériel sono, téléphone), soit environ 2 000 euros. Mais lors de notre dernière séance, nous avons fait une dépense peut-être inconsidérée : le paiement du voyage Casa-Paris d’un intervenant (400 euros, que j’ai avancés). J’ai monté un pré-dossier de demande de subvention auprès de la mairie de Paris. Cela demande une finalisation, et j’ai besoin d’aide pour le montage de ce dossier. Questions d’organisation
-  Par manque de temps et de forces, nous n’avons pas pu « conclure » toutes les demandes d’adhésion. Je suis un peu déçu, car nous nous sommes fixé un nombre de 100 adhérents pour fin juin, 100 adhérents constituant un public suffisant pour mener à bien nos rencontres-débats. Je pense que la mise sur site de la retranscription de nos séances nous donnera des arguments pour les adhésions. Mais il faut que chacun de nous fasse un effort pour faire adhérer des amis et proches.
-  A propos de nos débats, il y a le problème de l’ouverture des débats, de la prise de parole de la salle (cf. lors de notre dernière séance sur l’IER). Voilà, succinctement, pour le bilan. Mais avant de passer aux prévisions et propositions pour la rentrée, il faut que l’on débatte sur le rôle de notre association. Il y a dans le Manifeste un débat récurrent, dont on a eu encore récemment un écho parmi nous, autour de la question que formule Sophie Bessis : comment choisit-on d’intervenir sur la scène politique, quels critères définir pour ce faire, dans quelles circonstances le Manifeste doit-il s’impliquer directement dans l’actualité ? Cette question s’est posée, pour prendre des sujets récents, à propos de la défense de Mohammed Harbi et Benjamin Stora, qui ont été l’objet d’un campagne diffamatoire en Algérie, et du soutien à l’appel d’intellectuels et militants tunisiens pour sauver l’Institut arabe des droits de l’homme, basé à Tunis. Je donne un avis personnel, qui ne sera pas forcément partagé : Pour le premier cas, Harbi et Stora ont été diffamés, en fait, pour leurs travaux, pour leur probité, par une partie de la presse algérienne, et l’autre partie, à deux exceptions près, est restait muette. Cette situation risque de ne pas concerner que ces deux amis, et que l’Algérie : le regain du populisme nationaliste, dont l’islamisme n’est qu’une variante, n’est pas près de refluer (il faudrait en faire l’un des sujets de nos réunions-débats). Pour le deuxième cas, c’est une initiative qui dépassait, là aussi, le cadre tunisien. Et, bien sûr, dans les deux cas, ce sont des amis qui sont concernés, le plus souvent signataires de notre Manifeste, mais surtout, par leurs travaux et leur engagement politique, ils sont des nôtres. Il est vrai que nous prenons des risques d’être catalogués, par exemple, de pro-Harbi par certains qui défendraient plutôt les journalistes condamnés en Algérie (cela m’a été dit, et j’ai répondu que nous avons pris position pour les deux défenses, qui ne sont pas, au reste, contradictoires). Tant pis, nous assumons ce choix : car il y va de la déontologie de la presse. Il est vrai que nous ne pouvons pas être un agence d’interventions tout-terrain, et que nos objectifs et nos travaux priment. S’il n’y a pas de questions à propos du bilan, j’aimerais bien qu’on parle de nos interventions politiques et de leurs critères, avant de passer aux propositions pour la rentrée de septembre.

Discussion Nadia Ch. retrace un bref historique des organisations tunisiennes des droits de l’homme, émaillé de « coups tordus » de la part du pouvoir, et cela continue avec le blocage des fonds avec l’Institut arabe des droits de l’homme (IADH) émaillé aussi de divisions parmi les militants des droits de l’homme. Fethi souligne l’importance et la spécificité du travail qu’effectue cet Institut : la formation juridique, intellectuelle, etc., des militants des droits de l’homme, au-delà des pratiques sur le terrain. Et le blocage des fonds vise à réduire cette formation, indispensable pour l’essor des droits de l’homme et des libertés. Notre soutien va à ce travail de formation, primordiale, et qui ne concerne pas que la Tunisie Tewfik indique que, dans l’Appel, il y a une demande de fondation d’un « Comité international de soutien à l’IADH ». L’exigence de sortir du cadre tunisien y est encore plus marquée que dans le récent appel au président tunisien de surseoir à la ratification de la charte arabe des droits de l’homme par le Parlement (une charte en nette régression par rapport à la législation tunisienne concernant les droits des femmes), et que nous avons également soutenu. Décision : affichage sur le site de « l’appel à sauver l’IADH », envoi personnalisé de cet appel à certains de nos amis et proches, et suivi de cette initiative. Brigitte soulève la question de la prise de décision démocratique, estime que le moyen de liste interne est utile mais insuffisant, et qu’il faut prévoir des réunions régulières de notre collectif. Fethi estime que le Manifeste se cherche, y compris dans son mode de fonctionnement, et le débat sur les options n’est pas tranché, ou bien il le sera dans l’expérience. Il propose que, pour l’instant, la liste interne reste un lieu de décision.

Choix de quelques sujets pour la rentrée
-   Palestine : préciser collectivement notre position, en relation notamment avec les amis de Mustapha Barghouti, mais aussi avec la gauche du Fatah, qui est derrière les propositions formulées par la déclaration de Beyrouth de 2002 (dont fait mention le Manifeste). Ce sujet est prioritaire.
-   Le martyr
-   L’homosexualité
-   Le cosmopolitisme Bien sûr, les titres sont à préciser, et la liste n’est pas limitative. Reste à choisir les accueillants parmi nous, responsables du contenu et du choix des intervenants. Cela doit faire l’objet d’une réunion début septembre.