"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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Appel pour sauver l’Institut arabe des droits de l’homme

Nous, signataires du présent appel, convaincus de la nécessité de diffuser la culture des droits de l’homme et de la nécessité d’une éducation fondée sur le respect de ces droits, ayant suivi de près ou de loin les activités et les publications de l’Institut arabe des droits de l’homme (IADH), qui a formé des milliers de cadres et de formateurs, en les initiant aux mécanismes de défense des causes justes, et qui a su devenir une référence et un espace de dialogue et de réflexion approfondie sur les questions relatives aux droits de l’homme, lançons cet appel au gouvernement tunisien pour qu’il lève l’embargo frappant cette institution depuis des mois et qui consiste dans le gel imposé à ses avoirs, gel qui a paralysé ses activités, privant ses fonctionnaires de leurs émoluments et de leurs couvertures sociale et médicale. Nous ne voyons aucune raison valable au gel des avoirs de cette institution qui œuvre pour une prise de conscience et pour une éducation substituant à la culture de la violence, du fanatisme et du terrorisme celle du respect du droit à la vie, du droit à la différence et du droit à la liberté et à la justice. L’Institut arabe des droits de l’homme est une institution arabe non gouvernementale fondée en 1989 sur une initiative de l’Organisation arabe des droits de l’homme, de l’Union des avocats arabes et de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme, avec l’appui du Centre des Nations unies pour les droits de l’homme, de l’Unesco et de l’Unicef. La mission de cet institut s’inscrit dans le cadre de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des instruments internationaux la complétant. Pour la réalisation de ses objectifs, l’Institut coopère avec tous les gouvernements arabes, avec les organisations nationales, régionales, internationales, qu’elles soient gouvernementales ou non. Il s’appuie dans son financement sur les organisations internationales et régionales, sur les bailleurs de fonds et sur les organismes concernés par les droits de l’homme. L’Institut n’accepte que les financements qui ne comportent aucune condition limitant son indépendance. Ces financements font l’objet de contrats indiquant de manière parfaitement précise et transparente leur gestion. Pour prouver la crédibilité de cet Institut ainsi que l’action importante et sérieuse qu’il mène depuis sa fondation, il suffit de rappeler qu’il est récipiendaire du prix de l’Unesco pour l’éducation aux droits de l’homme, qu’il a le statut de consultant, d’observateur ou des relations exécutives auprès de diverses organisations dont le Comité arabe permanent pour les droits de l’homme, le Conseil économique et social relevant des Nations unies, la Direction de l’information des Nations unies, l’Unesco, le Comité africain des droits de l’homme, l’Organisation internationale de la francophonie. Pour illustrer l’importance de cet Institut ainsi que l’étendue du vide que laisserait sa dissolution ou le blocage de ses activités, il suffit de rappeler ses recherches et les dizaines de publications et de sessions de formation centrées sur les questions de l’éducation aux droits de l’homme, des droits de la femme, de l’enfant, des réfugiés et des minorités ainsi que sur les questions relatives à la démocratie. On ne manque pas d’être admiratif devant la variété, la densité et la valeur académique de ses publications, malgré les limites de ses moyens. Pour illustrer la contribution de cet Institut à la diffusion de la culture des droits de l’homme et dans l’ancrage de cette culture dans la vie quotidienne et dans l’espace public, il suffirait de citer les bénéficiaires : organisations non gouvernementales œuvrant dans le domaine des droits de l’homme, syndicats, organisations féminines, organisations pour la jeunesse, organisations pour l’enfance, conseils de l’ordre des avocats, des médecins, unions des journalistes, institutions scolaires et éducatives, institutions gouvernementales ayant une relation avec les droits de l’homme : services de sécurité, services pénitentiaires, agents de l’Etat chargés de l’application des lois, appareil judiciaire et législatif, ainsi que de larges franges de la société pouvant agir sur la promotion des droits de l’homme. Il y a lieu de penser qu’entraver l’action de cette institution constitue une atteinte aux principes démocratiques et un coup porté à la marge de liberté indispensable à l’avènement d’une véritable société civile. Nous refusons la destruction de cette institution avec tout l’indispensable savoir faire et toute l’expérience qu’elle a su accumuler. Nous exhortons les autorités tunisiennes à prendre les mesures nécessaires pour lever les obstacles entravant cette prestigieuse institution et proclamons, par la présente, la fondation du Comité international pour la défense de l’Institut arabe des droits de l’homme.

Pour toutes informations et signature de cet appel, écrire à : al-diwan@bluewin.ch