"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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Communiqué de "20 ans barakat" (Ile-de-France) à propos du référendum algérien sur "la paix et la réconciliation"

Le 29 septembre, on demande aux Algériens de voter lors d’un référendum sur un texte de " charte pour la paix et la réconciliation " visant à mettre fin à treize années de conflits entre les forces gouvernementales et les groupes islamistes.
Nous sommes pour la réconciliation et la paix, il ne pourrait en être autrement, mais la réconciliation et la paix sont impossibles dans un processus d’amnistie-amnésie face aux événements tragiques vécus en Algérie, où le silence se fera sur crimes et disparitions.
Ce document sur lequel les Algériens sont appelés à se prononcer prévoit notamment l’arrêt des poursuites contre les terroristes non impliqués dans les massacres collectifs. Nous demandons plus, nous demandons l’ouverture d’enquêtes officielles pour rechercher les coupables. Il ne s’agit pas de faire une déclaration de principe, qui restera lettre morte, mais de garantir les moyens qui permettront de faire la lumière sur les massacres et les disparitions, de désigner les coupables et de les juger, et ceci par des juridictions indépendantes, disposant de moyens d’investigations, et garantissant aux témoins leur sécurité.
Nous exigeons que toutes les personnes et tous les groupes impliqués dans ce conflit soient entendus et jugés, par une justice indépendante, et considérons qu’il ne peut pas avoir de paix réelle sans justice. Tourner la page sur les massacres, les assassinats et les viols ne peut passer par l’effacement des mémoires, des traumatismes et des souffrances.
La construction d’une démocratie ne peut passer par l’oubli mais par le rétablissement d’un État de droit garantissant la mémoire de ce qui a été vécu, et par là même son dépassement.
L’Algérie ne peut construire un avenir sur le silence.