"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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Soutien aux sept personnalités tunisiennes en grève de la faim

Sept personnalités nationales entament une grève de la faim illimitée : Ahmed Néjib Chebbi, Hamma Hammami, Abderraouf Ayadi, Mokhtar Yahyaoui, Mohammed Nouri, Ayachi Hammami et Lotfi Hajji protestent contre le harcèlement, l’intimidation, la privation des droits civiques et la répression de tout esprit libre.

Dans une première mondiale, sept personnalités tunisiennes du monde politique et associatif viennent d’entamer une grève de la faim illimitée pour protester contre la recrudescence des attaques contre la société civile tunisienne.
Maître Ahmed Néjib Chebbi, secrétaire général du Parti progressiste démocratique (PDP), Hammam Hammami, porte-parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT), maître Abderraouf Ayadi, vice-président du Congrès pour la république (CPR), le juge Mokhtar Yahyaoui, président du Centre de Tunis pour l’Indépendance de la justice et du barreau (CIJT), maître Mohammed Nouri, président de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), maître Ayachi Hammami, coordinateur du Comité de défense de maître Mohammed Abbou (CDMA) et Lotfi Hajji, président du Syndicat des journalistes tunisiens (SJT), sont en grève de la faim sauvage et illimitée.
Le cabinet de maître Ayachi Hammami, où se déroule la grève de la faim, est encerclé par un nombre impressionnant de forces de l’ordre, qui interdisent tout accès à l’immeuble.
Joint au téléphone, le président du Syndicat des journalistes tunisiens affirme que les grévistes n’ont pas de revendications individuelles les concernant comme individus mais réclament la cessation des compagnes de harcèlement et d’intimidation et l’arrêt de la politique répressive à l’égard des avocats, des magistrats, des journalistes, des défenseurs et de tout esprit critique en Tunisie. Peu avant de déclencher leur grève de la faim, les grévistes ont tenu une conférence de presse, boudée par les représentants du service public de l’information et encerclée par la police.
Un très petit nombre de militantes et de militants ont pu contourner le mur de police dressé à l’entrée de l’immeuble. Mais les grévistes sont isolés physiquement du monde par ce grand barrage de police et tous les dangers ne sont pas exclus. Certains grévistes ont une situation fragile et ne peuvent supporter un jeûne prolongé, mais ils sont déterminés à arracher leurs droits à la liberté d’association, d’expression, d’organisation.
C’est une première que des personnalités du monde politique et associatif entament une grève de la faim pour une revendication si générale, qui concerne tout un peuple bâillonné.
Par le passé, le journaliste Taoufik Ben Brik et l’avocate Radhia Nasraoui ont défrayé la chronique par leurs grèves de la faim légendaires, et les anciens prisonniers politiques Abdellatif Makki et Jalel Ayyed, pour exiger le droit à l’éducation ; et, tout récemment, l’ancien prisonnier politique Adel Thabti et la citoyenne Khadija Hamami à Lyon - pour avoir réclamé justice après la confiscation de sa maison par un proche de Mongi Chouchen, le puissant secrétaire d’État à l’intérieur. Mais les grèves de la faim n’ont pas cessé dans les prisons tunisiennes depuis le début des années 1990. Les grèves légendaires des leaders étudiants Néjib Baccouchi, Adel Selmi, Karim Harouni, de l’agriculteur sexagénaire Hammadi Ben Abdelmalek, du journaliste Hammadi Jebali et des centaines de prisonniers politiques ne s’arrêtent que pour se succéder.
Les sept grévistes de ce 18 octobre le font pour nous, Tunisiennes et Tunisiens épris de liberté. Faisons savoir aux fins fonds du pays et dans le monde entier ce cri d’alarme d’une Tunisie qui étouffe et suffoque sous la chape de plomb.

Pour joindre les grévistes
Cabinet de maître Ayachi Hammami : +216 71 241 722, +216 71 335 801 (fixes)
Maître Ahmed Néjib Chebbi (PDP) : +216 22 25 45 45 (cellulaire)
Hamma Hammami (PCOT) : +216 22 79 57 79 (cellulaire)
Maître Abderraouf Ayadi (CPR) : +216 98 31 71 92 (cellulaire)
Le juge Mokhtar Yahyaoui (CIJT) : +216 98 66 74 63 (cellulaire)
Maître Mohammed Nouri (AISPP) :
Maître Ayachi Hammami (Comité de défense de Me Abbou) : +216 21 39 03 50 (cellulaire)
Lotfi Hajji (SJT) : +216 98 352 262 (cellulaire)

Paris, le 18 octobre 2005 Abdel Wahab Hani