"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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Communiqué de L’Association des Tunisiens en France

Depuis trois jours, certains responsables politiques et associatifs : Nejib Chebbi (PDP) Lotfi Hadji (SJT) Hamma Hammai (PCOT), Abderraouf Ayadi (CPR), Ayachi Hammami (avocat, Comité pour la libération de maître Abbou), Mohamed Nouri (AISPP), Mokhtar Yahyaoui (CTIJ) se sont mis en grève de la faim pour réclamer la liberté d’expression, d’organisation, l’arrêt de la censure sur les médias, en particulier audiovisuels, et l’Internet et la libération de tous les prisonniers d’opinion. L’ATF, attachée à la défense et à l’exercice effectif des libertés fondamentales et collectives, s’associe aux revendications des grévistes de la faim.
L’ATF rappelle que l’effectivité de ces libertés fondamentales est une condition sine qua non pour que le peuple tunisien accède à la démocratie et à la citoyenneté effective. Sans ces libertés, tout discours sur le pluralisme et l’Etat de droit reste dénué de sens.
La situation d’impasse politique dans laquelle vit la Tunisie depuis le référendum de 2002 et, en particulier, après les élections présidentielles et législatives de 2004 a engendré chez des pans entiers de la jeunesse et des élites le désespoir. En refusant aux partis politiques d’opposition et aux organisations de la société civile telles que la Ligue tunisienne des droits de l’homme toute autonomie et liberté d’expression (interdiction de la tenue de son sixième congrès et des réunions de ses sections), l’Association des magistrats tunisiens (installation d’une direction fantoche), le Syndicat des journalistes tunisiens (interdiction de l’assemblée générale), en multipliant les procès contre les jeunes, en monopolisant les espaces publics et en interdisant toute tribune, le pouvoir pratique la fuite en avant et fait courir au peuple tunisien et à sa jeunesse le danger de voir la Tunisie tomber dans l’aventurisme.
Au moment où la Tunisie s’apprête à accueillir le SMSI, il est pour le moins irresponsable que le gouvernement continue à museler la société civile et à user de tous les moyens pour mettre au pas celles et ceux qui aspirent à l’exercice des droits et des libertés fondamentales garantis par la Constitution et les traités internationaux signés par la Tunisie.
L’ATF appelle ses militants et les défenseurs des libertés et des droits fondamentaux en Tunisie et partout dans le monde à soutenir les revendications des grévistes de la faim qui sont celles de tout le mouvement démocratique tunisien.
Le bureau national de l’ATF
Paris, le 21 octobre 2005.