
par Wassyla Tamzali
Avocate à Alger, ex-directrice du droit des femmes à l’Unesco
Et disant cela, nous ne voulons pas seulement parler de l’éducation instrumentalisée des femmes, idée ancienne et admise par tous, islamistes compris : en Algérie, une idée lancée par le mouvement religieux appelé les Oulémas, dès les années 1930, énonçait qu’il fallait instruire les femmes pour qu’elles sachent éduquer de vrais petits musulmans et faire barrage aux influences françaises et occidentales. Nous savons aujourd’hui, statistiques à l’appui, que les femmes sont un élément important du développement social, économique et politique d’un pays. Ceci est la raison et ne doit rien à l’idéologie féministe.
Aujourd’hui, on sait tout de la question des femmes du Maghreb, des statuts juridiques, des situations économiques, politiques et culturelles. L’exclusion et l’infériorisation des femmes dans le Maghreb ne sont plus un sujet de polémique, mais un fait avéré ; les chiffres de la participation politique et économique des femmes de cette région sont les plus bas du monde, et marquent le pas d’une manière significative par rapport à la situation des femmes de l’Afrique sub-saharienne, qui arrivent franchement avant elles dans la course à la participation et à l’égalité. Et que dire des autres régions du monde !
On sait tout, mais l’on ne comprend rien. Par plus d’un aspect, cette position, loin derrière celle de toutes les autres femmes, par l’archaïsme qu’elle projette sur la région, demeure une énigme. Car, quelles que soient les analyses que l’on fait, poches d’immobilisme, résistances plus ou moins grandes, machisme violent voire criminel exprimé par les courants conservateurs et religieux (crimes d’honneur, viols massifs comme armes de guerre des islamistes algériens, même situation dénoncée par les femmes irakiennes contre les terroristes de leur pays, etc.), ces pays par de multiples aspects sont entrés dans la modernité. L’accès à l’indépendance pour chacun a été accompagné par leur entrée dans l’ordre international moderne, et leur adhésion à la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les luttes de décolonisation avaient très largement sorti les femmes de leur rôle traditionnel ; les manifestations anti-anglaises du Caire ont eu des femmes à leur tête, et même si pour les hommes c’était une manière de se protéger, dans la mesure où les Anglais n’auraient pas osé tirer sur des femmes, il n’empêche que les Égyptiennes étaient là. La grande Hoda Hachmaoui les entraîna jusqu’au Nil, où elles jetèrent leur voile noir dans l’eau du fleuve de la vie. Il y eut aussi, bien évidemment, « les trois Djamila » célébrées par Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi. Oui, la femme algérienne est une icône de la guerre de libération des peuples opprimés, dont usent jusqu’à aujourd’hui aussi bien les opprimées que les oppresseurs. Le représentant de l’Algérie lors de la présentation du deuxième rapport de son pays, en janvier 2005, devant le Comité d’experts de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes, le
Ils se sont également dotés de Constitutions qui reflètent ces choix sur plusieurs points. La reconnaissance de l’égalité en droit de tous les citoyens est solennellement énoncée dans les trois Constitutions. Pour l’Algérie, l’article 29 de la Constitution de 1996 stipule que « tous les citoyens sont égaux devant la loi sans que puisse prévaloir aucune discrimination pour cause de naissance, de race, de sexe, d’opinion, ou de toute autre condition ou circonstance personnelle ou sociale ». Pour la Tunisie, l’article 6 de la Constitution de 1991 stipule que « tous les citoyens ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Ils sont égaux devant la loi ». Pour le Maroc, l’article 5 de la Constitution de 1992 stipule que "tous les Marocains sont égaux devant la loi " ».
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