"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

Accueil du site - Imprimer

Communiqué du Bureau central de l’AMDH (Association marocaine des droits de l’homme), 17/9/2009

Le bureau central de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) suit, avec grande inquiétude, les développements, à la suite de la décision d’un groupe de jeunes qui se sont organisés en mouvement appelé « Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles » (MALI), d’organiser, dans la ville de MOHAMMADIA, une rencontre en vue de revendiquer l’abrogation de l’article 222 du code pénal ; dans ce cadre le bureau central enregistre ce qui suit :

ــ Les autorités sécuritaires de la ville de MOHAMMADIA n’ont pas respecté le droit à la libre circulation des personnes suscitées vu qu’elles ont été extradées de la ville.
ــ L’incitation implicite à la violence, à travers la publication de l’Agence Maghreb Presse (MAP) du lundi 14 septembre d’une information comportant le nom d’un membre du mouvement, l’accusant d’être l’instigatrice et allant jusqu’à citer le nom de l’hebdomadaire avec lequel elle travaillait auparavant.
ــ L’offensive inconsidérée menée par quelques organismes et quelques médias et qui constitue une menace réelle pour la sécurité physique de ces citoyennes et citoyens.
ــ Les menaces et harcèlements à l’égard des membres du mouvement « MALI » aussi bien de la part des autorités que des citoyens qui laissent planer le recours à la violence.
ــ L’arrestation de citoyens, dont font partie des journalistes, en rapport avec l’événement sans aucune formulation de l’objet de la poursuite.

S’appuyant sur le référentiel universel des droits humains et notamment sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques que le Maroc a ratifié depuis trente ans et plus précisément sur l’article 18, le bureau central de l’AMDH :
ــ Exprime son inquiétude quant au comportement répressif et menaçant des autorités devant cet événement qui s’inscrit dans le cadre de la liberté d’opinion et de croyance, faisant fi de leurs engagements en matière des droits humains tels que reconnus universellement.
ــ Exprime sa solidarité avec les citoyennes et citoyens arrêtés et poursuivis du fait qu’ils ont exprimé leur opinion et leur position sur un sujet en rapport avec la liberté de croyance et demande la libération des détenus et l’arrêt de toute poursuite ; l’ AMDH se déclare prête à soutenir celles et ceux qui seraient poursuivis judiciairement dans cette affaire.
ــ Lance un appel à toutes les forces vives du pays afin qu’elles adoptent une attitude mûre et démocratique envers cet événement et qu’elles évitent les déclarations haineuses et populistes.
ــ Réclame avec force l’adéquation des lois marocaines, et parmi elles la constitution, avec les pactes internationaux sur les droits humains que le Maroc a ratifiés et en prenant en considération la primauté de ces pactes sur la législation locale comme l’a recommandé l’instance Equité et Réconciliation elle-même.