"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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La maladie de la mort

par Brigitte Allal

D’abord la question des femmes sous les régimes islamiques : la femme exécutée en Afghanistan avec sa burka, sans visage même devant la mort ; les femmes dans les prisons iraniennes violées par les gardiens avant d’être exécutées, parce qu’elles sont vierges et qu’elles risquent, si elles le restent, d’aller au paradis. Les femmes-butin des islamistes algériens rendant sercices-cuisine et services-sexuels, et éventrées après. Mais aussi le code de la famille en Algérie, et les histoires, racontées dans les cuisines, par des femmes obligées de ne plus voir leurs enfants quand elles sont répudiées, pour avoir une chance de se remarier parce qu’elles ne peuvent envisager de vivre seules. La femme traitée de putain parce qu’elle ose désirer, la femme-mère contre ses filles, les filles-mères vues dans les locaux de SOS Femmes en détresse, en train de coudre des robes de petites filles, obligées d’abandonner leur bébé dans les " pouponnières " parce qu’il n’y a pas de foyers pour elles et que leurs familles les rejetteront pour déshonneur, folles pour quelques-unes. La férocité des hommes contre les femmes, et celle des femmes contre les hommes (cf. les divorces " à l’iranienne ", où elles crient à l’impuissance du mari, parce que les coups, ça ne suffit pas pour avoir le droit d’obtenir le divorce), la férocité réciproque et la difficulté de s’aimer. Elle marche derrière. Elle apparaît en haut de l’escalier d’honneur, immobile, décorée pour le mariage, écrasée dans sa robe et ses bijoux, les vieilles crient des youyous tout autour. Elle écrase les enfants, c’est à elle, ce n’est pas grave.

Les enfants, ils poussent sans parole, le père est un roi mort, la mère une grande dévoreuse, humiliée. Le fils (10 ans ?) d’Ali Belhadj en robe blanche, parlant à une foule d’hommes en délire, centre de la jouissance, l’enfant-fétiche, la terreur, l’inversion des générations, le fils à la place du père, le monde des " frères ". Les enfants du Hamas, exposés au premier rang, habillés en martyrs, sous l’oeil de femmes revêtues de grands voiles noirs et portant des gants noirs, face à une scène où trône un fauteuil de paralytique reconstitué. Les enfants pris en mains, maniés.

Accompagnés d’un bout de tissu blanc en signe de linceul, pour menacer de mort les femmes et hommes libres, dans les boîtes à lettres de journalistes, psychiatres, écrivains, hommes de théâtre, artistes, etc., les tracts islamistes où se mêlent étroitement, dans l’injure, la femme, l’homosexuel, le juif l’" ordure " qui permet, par exclusion, de dessiner les contours de la pure oumma islamiste, de la " virilité " qui devient par là même lettre morte, paralysie, impossibilité du jeu, du déplacement nécessaire au mouvement de la pensée.

L’écho de ce que dit Ali Benhadj dans les meetings, dans les mosquées sur les portes desquelles sont affichés les noms des ennemis du peuple : " la France partie, nous avons fait pire que les colonisateurs. La France n’a pas fait sortir nos femmes de leurs maisons. Ils [le pouvoir] ont permis à nos femmes de sortir. Ils leur ont même donné des droits et légiféré pour qu’elles puissent nous gifler. La femme à présent, qu’engendre-t-elle ? Procrée-t-elle ? Très peu ! Elles accouchent peu ! la France n’a pas réussi à nous mélanger et à imposer la mixité. Maintenant tu restes avec elles par la force [rires].Et cette zina [débauche] ? Et ces enfants jetés dans les rues ?. D’où cela provient-il si ce n’est pas de la mixité ? Elles tuent et égorgent. Aujourd’hui, elles ne tuent plus, elles prennent la pilule. Cela se distribue gratuitement. Elles peuvent tazni [forniquer] comme elles l’entendent, à présent. C’est fini. Nous étions attachés à une religion, à notre islam et à notre foi. Ils veulent à présent nous retirer notre virilité. Celui qu’ils voient viril, ils le châtrent ?.A la femme, on a donné plus d’importance que ce qu’elle mérite. " (Belhadj, meeting de la Casbah) ; ou encore : " En Amérique, ils ont autorisé la liberté sexuelle, la fornication, l’homosexualité au nom de la démocratie. Nous allons appliquer la loi islamique. Nous allons sanctionner la fornication, nous allons interdire la mixité et nous appliquerons ce que veut Allah le glorieux et le majestueux " (prêche de 1991) ; ou encore : " En islam il n’y a pas de laïcité. Ceux qui sont à l’origine de la révolution française sont d’origine juive. Ce sont des juifs. Ils ont dit : il faut absolument séparer le religieux du politique. " (Belhadj, Birkhadem 1990).

Le déclencheur du manifeste ? Paris sillonné par des cortèges de femmes voilées encadrées de barbus, et l’un d’eux, juché sur un camion, crie son ressentiment que les juifs aient tout et lui rien, crie que la femme est une perle à enfermer dans un écrin de velours, et que l’homosexualité est un scandale. Ailleurs, dans la rue, partout, dans mes classes, des jeunes gens et des jeunes filles (reprenons l’expression pour celles qui refusent de se voiler), des Kader, Zaki, Farouk, Amel, Mehdi, Leïla, ouverts, indépendants, à l’esprit aigu et libre. Et pourtant la maladie de la mort gagne, des jeunes applaudissent et tapent des mains : " Protégeons nos soeurs, faisons la chasse aux pédés et aux juifs, luttons contre la décadence occidentale ! "