"De même que l'Europe n'est pas la seule affaire des Européens, l'Islam n'est pas la chose exclusive des musulmans".

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1er juillet 2004

Après une estimation globalement positive de la rencontre du 25 juin à la mairie du 20° (environ 200 personnes, malgré le match de foot France-Grèce ce soir-là ; force, diversité, et tenue des interventions ; " rencontre d’estime " entre signataires), malgré l’absence de débat que certains ont regretté, la réunion a été essentiellement consacrée à la suite que nous comptons donner au manifeste, et a consisté à se poser un certain nombre de questions :
-  Manifeste comme espace de réflexion-création, à partir des diverses productions des signataires, qui " produiraient des pensées auxquelles on n’a pas pensé ".
-  C’est maintenant que les choses commencent. Il faut se situer au plan d’un certain nombre d’actions, mais aussi voir notre projet. Quand un groupe de gens pensent qu’ils ont quelque chose à faire ensemble, il faut un projet qui le rende manifeste. Qu’est-ce qu’on veut mener comme projet, et comment le mener ? Veut-on faire un mouvement politique, un front contre les islamistes ? Nous avons besoin d’un espace de pensée et d’un espace de parole à tenir ensemble, d’une parole adressée à un espace public. Mais comment définit-on cet espace public ? A qui s’adresse-t-on ? Il faut une " adresse à un peuple ", qui est à constituer : quel est ce " peuple ", comment l’amener avec nous ?
-  Dans la mesure où un certain nombre de démocrates ont exprimé des réserves à signer le manifeste, ne faudrait-il pas dépasser le manifeste ?
-  Les textes des signataires ont dessiné par eux-mêmes des questions à poursuivre : la soit-disant dichotomie Orient/Occident (Yassaman), le lien entre islamisme et fascisme (Nadia), le lien entre réflexion et action, démocratie et autonomie (Chahla), la nécessité de réintroduire la notion de solidarité dans la république (Khadija), le désespoir identitaire (Fethi), etc.
-  Plutôt que se déterminer par rapport aux lieux traumatiques ­ très nombreux dans le monde arabe ­ et sollicitant tout de suite des réponses réglées, et répéter ainsi le traumatisme, il vaut mieux se poser la question de ce qui a pu dévaster ce monde-là, de ce qu’y sont devenues les aspirations à la liberté, et en appeler à des expériences de la liberté : rencontrer ceux qui les ont menées ou les mènent, leur donner une place, travailler sur le cosmopolitisme des expériences de la liberté.
-  Il y a une déconstruction à faire d’une pensée figée, il faut aider les autres à la faire.
-  Il faut concevoir un espace où il y aurait une pluralité de lieux de travail : s’il y a des gens qui veulent travailler sur la liberté de la presse en Algérie, très bien ; d’autres peuvent travailler sur autre chose.
-  Le monde musulman ne va pas bien, dans un monde qui ne va pas bien. S’il y a aujourd’hui un lieu qui fait problème, c’est de là. Les jeunes des banlieues sont troublés par leur provenance, car même s’il y a de la mondialisation, le monde est fait de lieux (contrairement à ce que dit l’ultralibéralisme) : il faudrait voir comment, à l’intérieur de ces lieux, se produisent des tentatives de libération. La provenance ne doit pas être niée, mais elle peut s’allier et entrer en résonance avec d’autres choses ; il n’y a pas de priorité de la provenance, ce qui est important c’est la praxis. (récit par Nabile du film " L’amour n’a plus droit de cité ", auquel a participé Nadia Amiri, et qui passera à la télé à la rentrée).
-  Eviter le dogmatisme, partir des expériences, et être des " lanceurs d’alerte ".
-  Choisir comme fil essentiel la question de la sexualité, et la lier à la question politique.

Décisions


-  Publication de tous les textes et interventions (plus quelques contributions), sous forme de brochure, tirée à quelques centaines d’exemplaires.
-  Organiser un débat avec les amis de Ghaleb (à prévoir en septembre).
-  Prendre contact avec les auteurs du Manifeste de Beyrouth et ceux de l’Appel au soutien de la gauche irakienne en vue d’une initiative publique commune.
-  Rencontre autour du film (avec les auteurs et les protagonistes), "L’amour n’a plus droit de cité "(à prévoir en octobre) ;
-  Organiser un colloque à la fin de l’année sur " Politique et sexualité en islam ".
-  Développement du site (réunion pour début septembre).
-  Rédiger un court texte-projet qui servirait de base au projet d’association. En attendant, étoffer la coordination, qui ait une tâche sur un objectif fixé pour un an.
-  Poursuivre un travail avec Derri Berkani, autour de la mémoire maghrébine.
-  Prendre éventuellement un créneau dans l’Université de tous les savoirs.

Prochaine réunion : à fixer début septembre.